NÉCROLOGIE
Écrans Noirs perd son fondateur
Le cinéaste Bassek ba Kobhio est décédé . La nouvelle est survenue mardi matin , dans un communiqué publié par l’association Écrans Noirs. Il est mort dans la nuit du 11 au 12 mai 2026 à Yaoundé, à quelques semaines de la 30e édition du festival Écrans Noirs qu’il avait fondé.

Par Anne NGA
Rideau sur trois décennies de cinéma. Le fondateur du festival Écrans Noirs ne verra pas l’édition anniversaire qu’il préparait.
Né le 1er janvier 1957 à Nindjé, dans la Sanaga-Maritime, il passe de la sociologie à la caméra dans les années 80. Il dirige d’abord les services de la cinématographie à Yaoundé avant de choisir l’image pour raconter l’Afrique.
Quatre longs métrages marquent son parcours. « Sango Malo » sort en 1991 et reçoit le Prix du public à Milan. Suivent « Le Grand Blanc de Lambaréné » en 1994, « Le Silence de la forêt » en 2003 et « Gouverneurs de la Rosée » en 2018. Des films ancrés dans les réalités sociales du continent, tournés sans détour.
En 1997, il lance Écrans Noirs. Le festival devient le rendez-vous du 7e art en Afrique centrale. Plateforme de visibilité, il sert de tremplin aux jeunes talents et attire chaque année des professionnels du continent et d’ailleurs.
Cette édition 2026 devait marquer la 30e édition. Le mois prochain, il était attendu au FICAK de Khouribga pour être honoré.
Côté écriture, il publie « Les Eaux qui débordent » en 1984, « Cameroun, la fin du maquis ? » en 1986, et « Sango Malo : le maître du canton » en 1991. Des textes qui prolongent son engagement pour une mémoire africaine assumée.
« Il a filmé l’Afrique de l’intérieur, sans permission, sans compromis », écrit l’Association Écrans Noirs dans son communiqué.
Cinepress salue de son côté « un professionnel engagé, passionné et visionnaire » qui a contribué à forger le cinéma camerounais.
À quelques semaines du festival, la salle est vide. La 30e édition d’Écrans Noirs se fera sans celui qui l’avait imaginée.
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