FILIÈRE MAÏS
Le gouvernement suspend les importations
Le gouvernement a suspendu les importations de maïs ce mercredi à Yaoundé. L’objectif : écouler les stocks qui se sont entassés dans les hangars des paysans camerounais pendant que des cargaisons étrangères ont continué d’arriver au port.

Par Anne NGA
La décision est tombée après 3h de réunion houleuse au Mincommerce. Autour de Luc Magloire Mbarga Atangana se sont retrouvés producteurs, importateurs, Douanes et responsables du Minader. L’enjeu a été simple : éviter que la récolte locale ne pourrisse faute d’acheteurs.
Le problème est venu d’un manque d’informations. Le ministère de l’Agriculture l’a reconnu lors des échanges : l’État a délivré des autorisations d’importation parce qu’il ignorait le volume exact de maïs disponible sur le marché national. Sans données fiables, le pilotage a été impossible. Résultat, l’offre importée a pris le pas sur la production locale.
Face à ce constat, le gouvernement a réagi en urgence. Il a suspendu immédiatement les importations de maïs. Il a aussi lancé le recensement des stocks détenus par les paysans dès cette semaine. L’Office Céréalier et la Compagnie Fermière Camerounaise ont été chargés de racheter le surplus pour le mettre sur le marché. Seuls les élevages ont conservé un droit d’importation ciblé, limité aux poussins, œufs à couver et reproducteurs.
Mais la réunion a révélé un problème plus profond. L’absence d’une interprofession structurée a empêché la circulation de l’information entre producteurs et importateurs. Sans cadre de concertation, chaque campagne agricole a reproduit le même déséquilibre.
« On ne peut pas gérer l’agriculture à l’aveugle », a déclaré le ministre du Commerce.
Cette mesure s’inscrit dans la politique d’import-substitution prévue par la SND30. Reste à savoir si le recensement et le rachat des stocks seront menés assez vite. Dans les hangars, le maïs n’attend pas.
#Production locale#politique d’import-substitution#
Le Mouv’e.



